Part 7 – Récit du pilote Jean-Baptiste MARRONE de SX ONLY RACING TEAM

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Bonjour à tous, c’est parti pour un petit retour sur le SX de Oakland et sa préparation !

 

LA PREPARATION :

Suite à ma blessure à l’épaule, je n’ai pu m’entraîner qu’une seule fois, le mercredi. La

frustration est alors malheureusement à son comble…ne pas pouvoir poursuivre le travail

que j’ai fourni depuis le début reste difficile à accepter. Malgré la douleur vive et

persistante, mon extrême motivation me permet de me sentir plutôt pas mal durant

l’entraînement. J’enchaîne les tours et je commence à penser que même si je ne serai pas

au top physiquement je pourrai rouler à Oakland. Malheureusement, pour ce genre de

blessure, il n’y a pas grand chose à faire, à part du repos accompagné d’une grande

patience…. Je continue à prendre un traitement anti-inflammatoire et à mettre de la glace

pour essayer de contenir au maximum la douleur. Cet entraînement m’a fait du bien au

moral…j en avais grand besoin.

 

 

Mercredi après-midi, nous préparons tout pour partir le lendemain à Oakland. 1500km aller

retour nous attendent et nous avons pris la décision de partir un jour plus tôt. Le Vendredi, nous dormons

alors à San Francisco. Nous nous sommes retrouvés dans un quartier pas très

fréquentable et nous ne nous alors pas vraiment sentis en sécurité. Le lendemain

matin, nous constatons que le Van a été ouvert durant la nuit. Quelques unes de nos

affaires manquent alors à l appel. De bon matin, grand stress car derrière il y a moto,

casque, outils etc… Nous craignons que des choses indispensables pour la course

nous aient été volées. La journée débutait plutôt mal.

A 12h00 et nous pénétrons dans le paddock pour tout installer. Vers 16h00 nous

retournons à l’hôtel pour s’accorder un peu de repos.

 

JOUR DE COURSE :

 

Cette course se déroule exceptionnellement durant la journée. Le track-walk est à

7h30 et la cérémonie d’ouverture à 15h00. Tout est condensé pour finir plutôt. D’après

ce que j’entends, c’est parce qu’Oakland est réputé comme être la ville avec le plus de

criminalité en Californie et Field préfère sécuriser l’événement en évitant la nuit.

Nous avons de la chance, il fait beau et chaud, ce qui est très rare dans cette région

de la Californie.

Durant le track-walk, la piste est déjà humide (moins que l’an dernier rire) et il y a deux

enchainements que je redoute. Je pense que de tous les circuits, celui- est le difficile. De

toute façon, Je verrai bien une fois en piste si mes impressions se confirment.

Après le track-walk, je marque une pause au camion médical pour avoir la « fameuse »

piqûre qui me soulage suffisamment pour me permettre de rouler. Apparemment, on

m’injecte du Tramadol (anti-douleur assez fort). Le soulagement n’est qu’éphémère et le

lendemain matin la douleur est très intense.

 

-1ers essais libres

J’en ressors avec la même impression qu’au track-walk : « Woaw c’est hard là ! ».

J’essaye de me libérer et de faire les enchaînements. Essais plutôt positifs pour l’instant.

 

1 ers essais chronométrés

La piste est très abimée, d’importantes ornières sont présentes au niveau des appels et

réceptions des sauts. Elle est piégeuse. C’est compliqué pour moi d’être précis et de

réaliser ce que j’ai prévu mentalement. Je chute dans un virage mais là rien de grave, je

repars sans plus de difficulté.

 

– 2èmes essais chronométrés

“La chute appelle à la chute” je n’ai jamais cru en ce genre de discours. Et pourtant… Je

suis dans une belle série : 4 chutes au total. Je m’efforce à croire que celles de cette

après-midi midi seront les dernières.

 

En 2e série qualificative, je me lance dans un tour rapide. Je gagne 5 secs par rapport à la 1re.

Malheureusement, je chute sur le saut d’arrivée. Une chute comme il m’en est

rarement arrivé. La moto s’est arrêtée net dans l’appel du saut. Je ne sais pas ce qu’il

s’est passe. J’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas. J’ai eu

chaud !!! Je me relève au bout de 2 min, le temps de reprendre mes esprits. Philippe

redresse la machine et je repars un peu « sonné » malgré tout. Après un tour rapide,

je me rends vite compte que la douleur est trop forte pour rouler plus vite. Je ne sais

pas comment j’ai fait pour continuer même le médecin était choqué.

Enfin si je le sais pertinemment…c’est cette envie de réussir coûte que coûte malgré

les difficultés et la douleur qui a pris le dessus !

 

 

Arrivé au camion, je me rends compte que j’ai la clavicule qui est sortie de son

logement et que mon genou est bien abîmé. J’ai mal partout. Le médecin réalise une

radio, rien de cassé. Il me dit que ma clavicule se remettra d elle même et qu’il n’y a

rien à faire. Je repars quand même avec quelques points au genou.

Je reste profondément déçu de ne pas réussir à valider tout ce travail fourni an

amont depuis plusieurs semaines. Je suis parvenu à réduire les écarts…4 dixièmes de

la qualification. Les chronos sont encore plus serrés que d’habitudes. Je sais que sans

cette chute, je me serai qualifié ; C’est dur ! Vraiment !

 

Aujourd’hui nous sommes Mercredi; hier je me suis rendu chez Dr G (chyropracteur

réputé dans le monde de la moto); il a essayé de remettre ma clavicule en place mais il

n’y est pas totalement parvenu. Je dois retourner le consulter jeudi.

J’espère pouvoir rouler Vendredi matin, cela me permettra de jauger mon état mais pour

le moment je n’arrive toujours pas à lever le bras.

 

 

SEMAINE AVANT SAN DIEGO :

Après cette semaine de repos total et un maximum de soins, j’ai essayé de rouler ce

vendredi matin. Malheureusement, la douleur est trop importante et il m’est impossible de

rouler comme cela. Je n’ai donc pas eu à faire de choix, c’est une évidence je ne roulerais

pas à San Diego.

 

C’est la dure loi du sport. Il y a des fois où avoir une énorme volonté ne suffit pas. C’est

dur à avaler… Je m’excuse auprès vous tous de ne pas être en capacité de vos

représenter demain sur la moto. Je ne peux faire autrement.

 

Merci à tous pour vos messages, ils m’ont tous fait énormément plaisir. Dans ces

moments là ça fait du bien.

 

Jean-Baptiste

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