Part 6 – Récit du pilote Jean-Baptiste MARRONE de SX ONLY RACING TEAM

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Retour après Glendale/Phoenix : Bonjour à tous, Nous en sommes maintenant à la 4ème course du championnat AMA Côte Ouest.

LA PREPARATION :

Après Anaheim 2, la semaine débute bien pour moi. Dès le dimanche, j’ai repris le chemin de l’entraînement en allant rouler. Mon préparateur CK’R Suspension m’a rejoint pour une dizaine de jours afin de travailler sur les suspensions.

Après 3 journées d’entraînements et de testing, nous avons enfin trouvé le réglage optimal. Cette semaine, j ai mené 4 bonnes séances d’entraînements ce qui m a permis de réaliser régulièrement des chronos en dessous de mes temps de référence (près de deux secondes gagnées). Une première depuis que je suis arrivé ici. Je suis très content de cette progression et bien sûr du super travail fourni par Stéphane (CK’R suspension).

Arrive le dernier jour d’entraînement avant la course :

Nous sommes jeudi, il est 12h40. Malheureusement se produit alors ce que chaque pilote redoute le plus. Je me retrouve dans les airs, à côté de ma moto. Je me vois tomber et me rapprocher du sol. Dans ma tête une seule question se pose : comment ça va finir ? Le choc est extrêmement violent et la douleur terrible. Mes premières pensées sont : « ça va aller ! Ça ne peut pas s’arrêter comme ça ». Je me relève péniblement et pars à l’hôpital faire des examens.

Verdict : pas de fracture mais le haut de mon bras et l’épaule se révèlent bien traumatisés. Le muscle s’est écrasé sous le choc. Je repars avec une petite facture de $2000 pour une radio aux urgences. Oui oui ce n’est pas une blague. En France, on ne se rend pas compte de ce que cela peut coûter. 24 h après, je ne sais toujours pas si je serai en capacité de rouler. Je ne cesse de me demander si je peux et si je dois monter dans le van pour l’Arizona. Comme je ne suis pas du genre à me laisser abattre, je décide finalement de participer à la course en me disant que je verrai bien ce que cela donnera.

JOUR DE COURSE :

Tant bien que mal j’ai un peu dormi mais pas comme je l’aurai souhaité. J’ai passé les derniers jours à mettre de la glace sur mes contusions et à me booster aux ibuprofènes. Je me suis même livrer à ma première séance de Cryothérapie (le corps est entièrement plongé à -180°, très bon pour la récupération rapide et les douleurs…mais très froid ! (rire).

Après le track walk, je décide de m’arrêter au camion médical Alpinestar. C’est un semiremorque équipé en matériel médical où interviennent des médecins. Ce dispositif est spécialement dédié aux pilotes. Je ne suis pas le seul à m’y rendre, avec moi Il y a D.Wilson et J.Grant. Le praticien décide alors de me faire une piqure sans laquelle je n’aurai absolument pas pu rouler.

1ers essais libres : Le groupe C part en 1er mais là le circuit est très inondé, bien plus que d’habitude. A part nettoyer la piste, cette séance d essais n’a pas servi à grand chose.

1ers essais chronométrés : Les dents serrées, je commence à me lancer et tente les enchaînements. Comme à chaque course, on retrouve 2 gros triples dont un en sorti de virage que je n’ai pas franchi lors des essais libres. J’y parviens et me sens mieux. La piste est malgré tout très abîmée, elle n’a pas été refaite comme d’ordinaire. Il manque encore des enchaînements que je ne parviens pas à passer. Je rentre au camion en n’ayant pas fait ce que j’aurai voulu.

2èmes essais chronométrés : La piste a été refaite, elle est maintenant superbe. Je m’envole pour tenter des tours plus rapides. La douleur se réveille et plus je vais vite, plus elle s’intensifie. Notamment dans les whoops, une vraie torture ! Je ne parviens pas à rouler normalement, malgré tout je me défonce pour tenter d’y arriver. Le temps s’écoule et j’obtiens une place insuffisante (43ème au scratch). Au final, bien sûr j’ai tout donné bien que diminué, bien sûr j’ai extrêmement souffert, bien sûr j’y étais presque, bien sûr j’ai bien fait d’essayer avec ce bras vraiment amoché, bien sûr qu’il fallait y croire. Il me manque seulement 7 dixièmes (oui seulement) car dans cette situation c’est si peu… Il y a des moments où, même si le résultat n’est pas celui espéré, je peux dire que je suis fier d’avoir fait ce que j’ai fait et ma prestation d aujourd’hui en fait partie. Je suis allé au bout de moi-même.

J’ai hâte de remonter sur la moto pour travailler encore et encore mais vu l’intensité de la douleur après la course, j ai pris la décision de ne reprendre l’entraînement que mercredi en espérant ces deux jours de repos forcé me permettront de pouvoir rouler dans de meilleures conditions.

Je vous dis à très vite après le SX de Oakland, Jean-Baptiste MARRONE

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